Je me souviens

C’est terminé.

C’est difficile à concevoir. Le temps a bien vite passé, sous le soleil de Gaspé, pendant ce septième FMBM. Pour un premier festival pour ma pomme, j’ai tout simplement adoré. On m’avait tant vanté le festival et j’ai pu voir de mes propres yeux que ce n’était pas que du vent ! Côté musique, j’en ai eu plein les oreilles, de tous les styles imaginables, avec des musiciens présents, passionnés et heureux de nous faire découvrir, ou redécouvrir, leur musique. Des coups de coeur, de mon côté : SoCalled, Grüv’n Brass, Mi’Michèle, Wesli et le Wesli Band et Apadooraï, qui ont tous su, à leur façon, ravir mon coeur. Je regrette aussi de ne pas avoir pu tout voir, ou de ne pas avoir vu certaines prestations dans leur entièreté : au moins, il me reste des disques, des photos et des souvenirs !
J’ai aussi pu apprécier l’expertise des artistes du Café Graffiti lors de la réalisation de leur murale à côté du Brise-Glaces, la rigolote parade des enfants, le fou théâtre des Joyeux Bouchers, les acrobaties de Vous et moi la résonnance… tout. Et encore, je ne parle pas de la foule réceptive, dynamique et toujours prête à voir de nouvelles choses ! Je dirais ce que plusieurs artistes rencontrés m’ont dit : le public de Gaspé est présent et embarque dans tout, il aime fêter et montre aux artistes qu’ils sont aimés. C’est ce qui fait du festival Musique du Bout du Monde un tel succès, non ?




J’espère que vous avez apprécier ce blogue, ses journalistes, ses articles, ses photographies et l’ambiance qui y régnait. Pour moi, cette expérience a été incroyablement plaisante, même plus, et j’ai bon espoir que mes collègues ont apprécié. Je vous souhaite donc un bon repos -nécessaire après tant de plaisir !- et à peut-être un prochain festival !

Frédéricke Blouin, administratrice du blogue du FMBM
Photos par Frédéricke Blouin

Les Joyeux Bouchers


J’adore le théâtre, qu’on se le dise. Cet été, surtout, j’ai dévoré plus de théâtre que jamais, autant des pièces dites classiques que du théâtre nouveau, choquant, brutal. C’est donc avec une joie immense que j’ai lu qu’il y avait du théâtre de rue, pendant le festival, surtout inspiré par un de mes auteurs favoris, Boris Vian ! Et pas n’importe quelle pièce : L’Équarissage pour tous, même ! Une reprise juste, folle, follement écoeurante et qui touche directement au coeur du problème de la guerre, tout en suivant l’univers décalé de Vian. Un univers qui a grandement inspiré Louis Tremblay, initiateur du projet.
Ancien étudiant du Conservatoire de musique, en tuba, c’est toutefois le jeu qui a allumé une flamme chez lui et a fait de lui le fondateur de la compagnie La Tête de Pioche (en 2004), une compagnie ayant produit quatre spectacles de théâtre de rue, majoritairement du théâtre d’objets. Le spectacle Les Joyeux Bouchers a commencé à prendre forme il y a quelques années, lors d’un atelier de mise en scène où un texte devait être monté en spectacle, solo de surcroît. Depuis, le tout a été remanié bien des fois, le manuscrit passant de plus d’une quarantaine de pages à une douzaine, jusqu’à arriver à une mise en scène où le fond et la forme forment un tout. Un texte engagé -Vian n’a jamais caché son aversion de la guerre et de l’enrôlement- qui a su toucher l’homme. « C’est terrible, la guerre. Un fois, y’a une fille qui est venu nous dire : « C’est violent, votre spectacle. » Oui, mais la guerre, c’est violent ! », dit-il avec passion. En plus, quoi de plus générique d’une saucisse ? En plus d’être un aliment dont on ne connaît pas toujours la composition, on peut aisément illustrer l’expression « chair à canon », trois mots qui peuvent bien définir les soldats.

Les Joyeux Bouchers surprend. On ne sait à quoi s’attendre, en voyant les deux bouchers un peu louches oeuvrer autour de leur kiosque, jusqu’à ce que le tout ouvre et que les premières notes des Joyeux bouchers, la chanson de Vian lui-même, se font entendre. Un saucisson y joue le personnage principal, un équarisseur dont le travail est d’équarir les blessés et mourants du champ de bataille, épaulé de ses filles et de son voisin. Tout y passe : sous-entendus sexuels quasi poétiques, propos violent et clair, moutarde qui vole et saucisses un peu partout, le tout épicé de la folie de Vian qui inspire grandement Louis Tremblay, mêlé à de la chanson, de la danse et de l’improvisation, le public étant l’élément le plus susceptible d’influencer la représentation en plus d’être la cible du message véhiculé par la pièce.
Du plaisir. Que cela.

Frédéricke B.
Photos par Frédéricke Blouin

«Ce qui reste à la fin, c’est comment le film est passé à travers soi» J.Binoche

Et voilà, une autre édition du FMBM de terminée. Pour moi, c’était la troisième édition d’un festival qui m’a conquise dès mon arrivée à Gaspé. Un festival accessible où la proximité avec les artistes est exceptionnelle, la passion des bénévoles ahurissante et l’énergie des festivalier-ières contagieuse. Tout semble toujours converger afin que chaque édition du festival soit un franc succès. La température, les artistes, les bénévoles et tous ceux qui de près où de loin mettent leur grain de sel dans cet événement qui semble mobiliser une bonne partie de la population.  Un peu comme tout ce qui m’arrive depuis que je suis installée dans cette ville… Il y a une bonne étoile à Gaspé, une sorte de magie du bout du monde qui veille sur ceux qui y ouvrent leur coeur.

Un festival, ce n’est pas que des spectacles. Nous aurions beau avoir eu les meilleurs musiciens du monde, le succès de l’événement dépend de ceux qui s’y déplacent. On peut dire qu’au Bout du Monde, y’a du du potentiel pour continuer cet événement pendant plusieurs années.

Et vous, qu’avez-vous aimé du festival? Quelles découvertes ont su vous charmer, vous faire vibrer? Qu’est-ce qui vous a moins plu? On aimerait vous entendre!

Sur ce je vous souhaite une bonne fin de festival et vous dit à l’année prochaine!

Mllemarceau pour le FMBM

Derniers milles.

Le soleil décline sur la baie, les gens continuent de déambuler sur la rue, la bière se boit, on se prépare pour les derniers spectacles.  Mais, on évite d’en parler…  non le FMBM édition 2010 ne tire pas à sa fin.  Kilombo s’en vient, dans la côte Carter, à la fin du spectacle des « Parfaits inconnus ».  Terminé, le FMBM, pas avant que les derniers pas de danses ne se soient consumés.  Au milieu de la nuit, sous les feux des étoiles.  Nous boirons à sa santé.

«Je sens la Terre qui tourne»

29 degrés celsius au thermomètre aujourd’hui. Et elle ne cesse de grimper à chaque ondulation des corps qui se trémoussent de scène en scène sous le soleil ardent comme du bacon à broil. Les bouteilles d’eau sont de mise, les torses nus enviés et la bière, incontournable.

Après 3 petites heures de sommeil, j’affronte la chaleur avec tout le courage que possède mon âme festivalière et débute la journée à 5h00 am au Parc Forillon avec Ragleela  (voir la chronique Ragleela: Tout le temps et n’importe quand) et dire qu’elle débuta à la hauteur de mes attentes serait peu dire. Suite à cette expérience inoubliable, comme beaucoup d’autres festivaliers-ières, j’eu l’idée d’aller prendre le petit dej à l’Anse au griffon, au café de l’anse. Pris de court par un café plein à craquer à 8h00 du matin, certains clients se sont transformés l’instant d’un moment en serveurs et une même en l’assistante du chef! L’ambiance était à la fête et les sourires éclatants, le déjeuner fut donc excellent!

J’ai aussi attendu avec impatience ainsi qu’avec un certain plaisir la prestation de Lake of Stew, dont la réputation chez les Marceau n’est plus à faire. J’ai donc fait ma groopie, assise à l’avant (puisqu’une blessure au genou m’empêche de danser…!) chantant les paroles comme une fillette devant les Backstreet Boys (mettons). Le spectacle était excellent et la foule a semblé être du même avis que moi. Bravo Lake of Stew!

La parade des enfants

Moment tendre pour mon coeur de mère, petit pirate qui rêve de cet instant depuis plusieurs jours a enfin son instant de gloire et montre à tous qu’il sera un jour un grand festivalier. Wow … Et il n’est pas le seul: la promesse d’une relève courageuse et aguerrie pour bientôt nous remplacer est bien réelle!

Apadooraï s’installe sur scène alors que les enfants et Kilombo en sortent. La description qu’en fait la brochure du festival laisse présager des mélodies transcendantes sur des airs de techno/accoustique… Je suis donc toute ouïe et prête à me faire gâter les oreilles. Et en vérité, la seule déception que j’y ai eu a été de ne pouvoir me lever et danser jusqu’à la dernière note. Le mariage entre batterie, guitare et didgeridoo, instrument traditionnellement utilisé par les aborigènes d’Australie en fait une musique actuelle, rythmée et transcendante. Une autre belle découverte du festival!

Ce soir, derniers spectacles du FMBM 2010, les parfaits inconnus viendront mettre un peu de leur circus delirius sous le chapiteau et un jam prometteur au Brise-Bise vers 22h viendra compléter cette soirée.

Les heures sont comptées, il faut en profiter!

Mllemarceau

Édition unique.

Je le sais, je n’y étais pas hier soir…  Est-ce possible!!!  Manquer le meilleur spectacle que le FMBM propose cette année.  Bon.  Enfin, j’ai mes raisons.  Comme plusieurs d’entre vous, j’ai pris la décision, assumée, de ne pas assister à la représentation de Bassekou Kouyaté et Ngoni Ba.  Non pas par manque d’intérêt, bien au contraire. Pour avoir séjourné quelques mois en Afrique de l’Ouest, plus précisément au Burkina Faso, cousin du Malin, je n’avais que trop hâte d’assister à cette escalade de rythme sortis droit du coeur du continent où l’humanité tire son origine.  Cependant, je n’y assité point.  J’étais avec un ami et ses trois enfants, en camping.  Ne les voyant pas assez souvent dans une année, et comme plusieurs ils choisissent cette fin de semaine pour venir faire un tour dans le coin, j’ai profité de leur présence au site de camping C-104 du Parc Forillon.  Site duquel d’ailleurs nous avons entendu l’explosion des tambours en fin de spectacle vers 12:00.

Ainsi donc, nous manquons des prestations inédites, uniques, complètement novatrices à Gaspé (imaginez seulement l’idée de recevoir un groupe du Mali à Gaspé en 2000!  Impensable à l’époque, mais bien réel aujourd’hui.) pour passer la soirée au bord du feu avec les enfants; « off festival ».  C’est que, au dela des activités de jour sur la “maine” et des représentations, il se développe à chaque édition de l’événement, une faune venue de partout en province, avec les enfants, pour participer à leur FMBM.  Il y a 7 ans, la progéniture était dans la poussette; aujourd’hui, elle fait le defilé des enfants et demain, elle sera probablement bénévole avec nous, qui sait?  Voilà la beauté de la chose, le festival grandit pour la famille, et la famille à son tour grandit avec nous.  C’est ce que l’on appelle le partage et la transcendance.  Partage de la joie et du bonheur de vivre, le temps d’un instant, ailleur dans le monde mais les deux pieds sur le bord de notre baie, et transcendance d’une édition à une autre où à chaque fois, une dépendance et un sentiment d’appartenance de plus en plus fort s’émisse entre la population et les organisateurs de l’évènement.  Mais oui, les contraintes de la vie quotidienne s’impossent, comme toujours, dans l’entre fait de la fin de semaine, où les parents, malgré la qualité des activités programmées le jour et leur nombre hallucinant, doivent se plier aux besoins incessants de leurs rejetons pour un jour les amener à participer de façon autonome à leur FMBM.  C’est donc en l’honneur de tous ces parents amoureux de leurs enfants et attentionnés comme pas un que j’écris ces quelques lignes, pour les féliciter, d’être là nombreux, souriant et désireux de participer au FMBM à chaque année.  Merci  d’être contagieux, pour l’entourage comme pour nous, de votre joie de vivre et de votre plaisir à être ensemble, peu importe le spectacle.  On manque parfois de bons « show », mais de voir des enfants rire aux éclats en pédalant sur leur vélo, n’est ce pas là un spectacle inédit et ne passant qu’une fois dans nos vies?  Édition unique.

Franklin, acrobate de rue

Samedi après-midi, je me suis fait surprendre par Franklin, un acrobate de rue que le FMBM n’attendait pas, mais qui a malgré tout su captiver la foule.