Archives de Catégorie: Spectacles de rue

Les Joyeux Bouchers


J’adore le théâtre, qu’on se le dise. Cet été, surtout, j’ai dévoré plus de théâtre que jamais, autant des pièces dites classiques que du théâtre nouveau, choquant, brutal. C’est donc avec une joie immense que j’ai lu qu’il y avait du théâtre de rue, pendant le festival, surtout inspiré par un de mes auteurs favoris, Boris Vian ! Et pas n’importe quelle pièce : L’Équarissage pour tous, même ! Une reprise juste, folle, follement écoeurante et qui touche directement au coeur du problème de la guerre, tout en suivant l’univers décalé de Vian. Un univers qui a grandement inspiré Louis Tremblay, initiateur du projet.
Ancien étudiant du Conservatoire de musique, en tuba, c’est toutefois le jeu qui a allumé une flamme chez lui et a fait de lui le fondateur de la compagnie La Tête de Pioche (en 2004), une compagnie ayant produit quatre spectacles de théâtre de rue, majoritairement du théâtre d’objets. Le spectacle Les Joyeux Bouchers a commencé à prendre forme il y a quelques années, lors d’un atelier de mise en scène où un texte devait être monté en spectacle, solo de surcroît. Depuis, le tout a été remanié bien des fois, le manuscrit passant de plus d’une quarantaine de pages à une douzaine, jusqu’à arriver à une mise en scène où le fond et la forme forment un tout. Un texte engagé -Vian n’a jamais caché son aversion de la guerre et de l’enrôlement- qui a su toucher l’homme. « C’est terrible, la guerre. Un fois, y’a une fille qui est venu nous dire : « C’est violent, votre spectacle. » Oui, mais la guerre, c’est violent ! », dit-il avec passion. En plus, quoi de plus générique d’une saucisse ? En plus d’être un aliment dont on ne connaît pas toujours la composition, on peut aisément illustrer l’expression « chair à canon », trois mots qui peuvent bien définir les soldats.

Les Joyeux Bouchers surprend. On ne sait à quoi s’attendre, en voyant les deux bouchers un peu louches oeuvrer autour de leur kiosque, jusqu’à ce que le tout ouvre et que les premières notes des Joyeux bouchers, la chanson de Vian lui-même, se font entendre. Un saucisson y joue le personnage principal, un équarisseur dont le travail est d’équarir les blessés et mourants du champ de bataille, épaulé de ses filles et de son voisin. Tout y passe : sous-entendus sexuels quasi poétiques, propos violent et clair, moutarde qui vole et saucisses un peu partout, le tout épicé de la folie de Vian qui inspire grandement Louis Tremblay, mêlé à de la chanson, de la danse et de l’improvisation, le public étant l’élément le plus susceptible d’influencer la représentation en plus d’être la cible du message véhiculé par la pièce.
Du plaisir. Que cela.

Frédéricke B.
Photos par Frédéricke Blouin

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De près et de loin


Comme il faisait beau et chaud, en cette troisième journée de festival ! Une journée où les spectacles ont été nombreux, autant ceux programmés que ceux improvisés par certains festivaliers bourrés de talents, et où l’énergie était palpable. Et ça, ce n’était pas que de la part des festivaliers, les artistes ayant leur mot à dire dans l’affaire ! Il faut dire qu’entre les représentations et les ateliers donnés au public, il faut bien avoir de quoi fonctionner à plein régime… quoique les fêtards ne donnaient pas leur place non plus.





La soirée a également été mouvementée, les spectacles étant nombreux en Gaspé. Pour ma part, c’est sous le chapiteau que ma soirée s’est déroulée. J’ai donc commencé à fêter avec Grüv’n Brass, pour ensuite tout à fait danser et m’amuser avec Wesli et le Wesli Band, j’ai rit de l’humour décapant des Joyeux Bouchers et j’ai finit le tout en beauté avec Bassekou Kouyaté & Ngoni Ba. C’est donc un peu fatiguée de ma journée que je vais me coucher, un peu abasourdie que demain, le festival finisse déjà. Le temps passe vite quand on s’amuse, non ? Je trouve que des fois, il passe même un peu trop vite…

Frédéricke B.
Photos par Frédéricke Blouin

Sourires de vendredi 13


Pour moi, c’est ça, le FMBM : le sourire des gens, adultes comme enfants, résidents de Gaspé comme visiteurs. Parce que le soleil souligne le bonheur des gens (il fait au moins 400°C, avec un vent léger ; le temps idéal pour fêter) et que la musique fait bouger les corps.





Photos par Frédéricke Blouin

Défilé

Salut les supporteurs du festival.  Et puis, vous êtes vous fait chauffer les oreilles pendant le passage des nombreux artistes qui ont défilé devant vous sur la rue…  et constater à quel point les couleurs explosaient de partout!!  Pour ma part, étant à l’intérieur de l’antre du dragon, sous les tambours de Kilombo, je peux vous dire que cette édition a été spéciale en ce sens que nous n’avons jamais autant reçu de chaleur et d’énergie de la part de la foule.  Gaspé se réchauffe!!!  D’ailleurs, présentement, pendant que M. Diouf ouvre l’enchaînement des spectacles à venir ce soir, la rue de la Reine est pleine, le côte Carter regorge de populace et le festival bat son plein.  Plaisir retrouvé, les gens sont au rendez-vous, et la température, fidèle, nous gâte encore cette année.  Il fait beau, il fait chaud, les gens sont au rendez-vous,  on peut le confirmer, c’est déjà un succès qui dépassera en nombre et en plaisir les éditions précédentes.  « Gaspé vous donnez des frissons!!! » – Think about live, présentement en show sur la place des retrouvailles.

M’Michele


C’est toujours par hasard qu’on fait de belles découvertes, non ?
Il m’a suffit de l’odeur des gaufres fraîchement cuites pour que je me dirige vers le Marché des Saveurs, mais qu’au fond, je ne m’y rende jamais. Pour une petite raison : trois jeunes personnes, deux hommes et une femme, perdus au milieu des câbles, ordinateurs… et créant de la musique. Créant, c’est vraiment le mot. Et pour ceux qui n’ont jamais vu une harpe électrique, comme moi : oui, c’est impressionnant. Je ne suis pas la seule à être restée accrochée en entendant les sons surprenants, inattendus mais mélodieux, une petite foule écoutant en silence la bande de M’Michele, seul le crépitement des appareils se faisant parfois discrètement entendre. Pourquoi tant de silence ? Parce qu’en entrant dans la musique de M’Michele, c’est dans une bulle qu’on entre, un espace où le confort est rapidement chassé par de nouvelles notes. On mixe, on arrange, on joue, on déjoue.





Au-delà de la musique, on peut constater aisément que les trois musiciens de M’Michele ont un plaisir fou à exécuter leur art. Penchés sur leurs ordinateurs, enfourchant la harpe comme un destrier, les visages souriants ou crispés par la transe, les doigts volant plus que bougeant et la sueur se profilant sur leurs fronts. Et quand la prestation est terminée, c’est cette fois le plaisir de se faire applaudir qui se reflète dans leurs yeux fatigués et leurs éclats de rire.

Frédéricke B.
Photos de Frédéricke Blouin