Archives de Catégorie: Dimanche 15 août 2010

Je me souviens

C’est terminé.

C’est difficile à concevoir. Le temps a bien vite passé, sous le soleil de Gaspé, pendant ce septième FMBM. Pour un premier festival pour ma pomme, j’ai tout simplement adoré. On m’avait tant vanté le festival et j’ai pu voir de mes propres yeux que ce n’était pas que du vent ! Côté musique, j’en ai eu plein les oreilles, de tous les styles imaginables, avec des musiciens présents, passionnés et heureux de nous faire découvrir, ou redécouvrir, leur musique. Des coups de coeur, de mon côté : SoCalled, Grüv’n Brass, Mi’Michèle, Wesli et le Wesli Band et Apadooraï, qui ont tous su, à leur façon, ravir mon coeur. Je regrette aussi de ne pas avoir pu tout voir, ou de ne pas avoir vu certaines prestations dans leur entièreté : au moins, il me reste des disques, des photos et des souvenirs !
J’ai aussi pu apprécier l’expertise des artistes du Café Graffiti lors de la réalisation de leur murale à côté du Brise-Glaces, la rigolote parade des enfants, le fou théâtre des Joyeux Bouchers, les acrobaties de Vous et moi la résonnance… tout. Et encore, je ne parle pas de la foule réceptive, dynamique et toujours prête à voir de nouvelles choses ! Je dirais ce que plusieurs artistes rencontrés m’ont dit : le public de Gaspé est présent et embarque dans tout, il aime fêter et montre aux artistes qu’ils sont aimés. C’est ce qui fait du festival Musique du Bout du Monde un tel succès, non ?




J’espère que vous avez apprécier ce blogue, ses journalistes, ses articles, ses photographies et l’ambiance qui y régnait. Pour moi, cette expérience a été incroyablement plaisante, même plus, et j’ai bon espoir que mes collègues ont apprécié. Je vous souhaite donc un bon repos -nécessaire après tant de plaisir !- et à peut-être un prochain festival !

Frédéricke Blouin, administratrice du blogue du FMBM
Photos par Frédéricke Blouin

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Les Joyeux Bouchers


J’adore le théâtre, qu’on se le dise. Cet été, surtout, j’ai dévoré plus de théâtre que jamais, autant des pièces dites classiques que du théâtre nouveau, choquant, brutal. C’est donc avec une joie immense que j’ai lu qu’il y avait du théâtre de rue, pendant le festival, surtout inspiré par un de mes auteurs favoris, Boris Vian ! Et pas n’importe quelle pièce : L’Équarissage pour tous, même ! Une reprise juste, folle, follement écoeurante et qui touche directement au coeur du problème de la guerre, tout en suivant l’univers décalé de Vian. Un univers qui a grandement inspiré Louis Tremblay, initiateur du projet.
Ancien étudiant du Conservatoire de musique, en tuba, c’est toutefois le jeu qui a allumé une flamme chez lui et a fait de lui le fondateur de la compagnie La Tête de Pioche (en 2004), une compagnie ayant produit quatre spectacles de théâtre de rue, majoritairement du théâtre d’objets. Le spectacle Les Joyeux Bouchers a commencé à prendre forme il y a quelques années, lors d’un atelier de mise en scène où un texte devait être monté en spectacle, solo de surcroît. Depuis, le tout a été remanié bien des fois, le manuscrit passant de plus d’une quarantaine de pages à une douzaine, jusqu’à arriver à une mise en scène où le fond et la forme forment un tout. Un texte engagé -Vian n’a jamais caché son aversion de la guerre et de l’enrôlement- qui a su toucher l’homme. « C’est terrible, la guerre. Un fois, y’a une fille qui est venu nous dire : « C’est violent, votre spectacle. » Oui, mais la guerre, c’est violent ! », dit-il avec passion. En plus, quoi de plus générique d’une saucisse ? En plus d’être un aliment dont on ne connaît pas toujours la composition, on peut aisément illustrer l’expression « chair à canon », trois mots qui peuvent bien définir les soldats.

Les Joyeux Bouchers surprend. On ne sait à quoi s’attendre, en voyant les deux bouchers un peu louches oeuvrer autour de leur kiosque, jusqu’à ce que le tout ouvre et que les premières notes des Joyeux bouchers, la chanson de Vian lui-même, se font entendre. Un saucisson y joue le personnage principal, un équarisseur dont le travail est d’équarir les blessés et mourants du champ de bataille, épaulé de ses filles et de son voisin. Tout y passe : sous-entendus sexuels quasi poétiques, propos violent et clair, moutarde qui vole et saucisses un peu partout, le tout épicé de la folie de Vian qui inspire grandement Louis Tremblay, mêlé à de la chanson, de la danse et de l’improvisation, le public étant l’élément le plus susceptible d’influencer la représentation en plus d’être la cible du message véhiculé par la pièce.
Du plaisir. Que cela.

Frédéricke B.
Photos par Frédéricke Blouin